Pierre GOBERT (1662-1744), Attribué à
Portrait présumé de Marie-Anne de Bourbon-Conti, duchesse de Bourbon (1689-1720)
Osenat
Estimation : 12 000 € / 15 000 € - Adjugé avec frais : 31 200 €

Huile sur toile
H_50,5 x L_40,5 cm
Rentoilé
Fils de Jean Gobert, sculpteur du roi, Pierre Gobert (1662-1744) est l’un des portraitistes les plus prolifiques de son temps. Issu d’une famille d’artistes, son frère Jean Gobert fut peintre du roi et son fils, Philippe-Alexis Gobert, exerça comme miniaturiste.
Reçu académicien en 1701, avec un “portrait de Monsieur Van Clève” et un “portrait de Monsieur Boullogne le Jeune” [Louis de Boullogne], il est très demandé par l’aristocratie française sous les règnes de Louis XIV et Louis XV. Parmi ses commanditaires les plus illustres figurent les princes et princesses de Lorraine, de Condé, de Conti ou encore les ducs d’Orléans. La famille royale fait également appel à son talent à de nombreuses reprises. Il peint des portraits du roi Louis XV, de la reine Marie Leczynska [pour lesquels les comptes des Bâtiments du roi mentionnent trois payements en 1726 : 1 500livres, 600 livres et 600 livres à nouveau] et de plusieurs de leurs enfants.
Très présent sur la scène artistique parisienne, il expose de nombreux tableaux au Salon et devient même conseiller de l’Académie royale. Tombé partiellement dans l’oubli au cours des XIXe et XXe siècles, Pierre Gobert est aujourd’hui encours de redécouverte. Il convient de lui rendre plusieurs oeuvres attribuées àtort au corpus de Pierre Mignard et Jean-Baptiste Van Loo.
Fernand Enguerand disait des portraits de Pierre Gobert : “il en est souvent de charmants, voire d’exquis, qui témoignent d’une réelle habileté de main : les portraits d’enfants notamment doivent être mis hors de pair ; l’artiste les a traités avec une grâce, un bonheur d’expression remarquables. Ce fut là, à coup sûr, le genre où il excella, et le musée de Versailles en montre des échantillons susceptibles de placer l’artiste à côté des meilleurs.” (extrait de “ Pierre Gobert, Peintre de portraits” dans L’Artiste, mars 1897, p. 161-174).
Notre tableau est à rapprocher du portrait de Marie-Anne de Bourbon-Conti conservé au musée du château de Versailles [MV 4359 ; INV 9750 ; B 1910] et d’un pastel vendu chez Christie’s New York en janvier 1991 (avec une attribution à Alexis Simon Belle rejetée depuis par Monsieur Neil Jeffares qui y voit plutôt un pastiche du XIXe siècle). Ce pastel est certainement une copie tardive de notre composition.
